PauSE contemplative

18 août 2013

Mada Mania

Par pudeur et parce que c'est pas sympa pour ceux à qui Claire manque, je vous passerai les détails de notre arrivée. Sachez juste que nous avons gagné le million dans l'avion. 

Denis, qu'Hortense a contacté avant notre arrivée, nous accueille dans sa superbe propriété dans un quartier chic de Tana. Déjà, c'est le choc des cultures : des "domestiques", du luxe au milieu des bidonvilles, une sécurité qui surveille la sécurité, et surtout, d'épais et hauts murs pour séparer les deux mondes. 
 
Denis est adorable et nous accueille comme des reines. Le lendemain, nous visitons donc… Le château de la reine, un édifice Malgache dont la reconstruction après un incendie n'a jamais été terminé faute de détournements de fonds. C'est pas passionnant, mais le guide est marrant (et tout petit !), et Denis nous fait bien rire avec ses petits commentaires moqueurs sur la culture et la musculature des malgaches.
 
Ensuite, nous découvrons la réalité du terrain, et ce qui va être notre quotidien ou presque pendant ces 18 jours : j'ai nommé (roulement de tambour) le taxi brousse ! C'est une grosse voiture chargée comme une mule de sac, de riz, de valises, d'animaux en tout genres sur son toit, et d'humains suants et entassés à son bord. L'expression "serrés comme des sardines" prend tout son sens ici ! Nous faisons également connaissance avec la culture malgache, et surtout le "mora mora" qui en gros veut dire qu'ils font tout lentement, et en retard. Après une nuit plutôt courte, nous arrivons à Port Bergé.
 
Guillemette et Marie, deux volontaires amies de Claire, nous accueillent dans leur lieu de vie qu'elles partagent depuis presque un an. Elles donnent des cours aux enfants et d'ailleurs, ce soir, c'est la kermesse de l'école ! 
 
Pour la première fois, nous mangeons des brochettes de zébou (comprenez zébu, on vous expliquera plus tard) et nous nous rendons compte à quel point notre couleur de peau détermine ici une importance sociale. Nous sommes vazahas, les enfants veulent nous parler, nous faire des "cools" (le check local), nous donner la main… 
 
Le lendemain, nous partons pour Befotaka après un rapide arrêt chez les soeurs de ???. Nous découvrons l'endroit où Claire a vécu ses 4 premiers mois Malgaches. Les soeurs sont gentilles et hautes en couleur, et on rigole bien. Le matin nous allons au marché (acheter nos fameux Papagnes), puis visiter le dispensaire et l'après midi visiter l'école maternelle (la vidéo de la bande de thons, c'est ça !), les enfants sont surexcités et heureux, une chanson, une photo leur suffisent pour les faire rire aux éclats et nous adopter immédiatement. Quel bonheur ! Quel choc des cultures ! L'école, la prière, la discipline sont appréciées et respectées par tous, même les plus jeunes. 
 
Ensuite, direction Ambanja, où nous faisons la connaissance de l'évêque, hyper simple et accessible, et deux volontaires italiennes, Chiara et Nancy. Nous visitons le lycée avec le père Paulin ("elles sont venues voir Claire et maintenant, elles voient Claire !") et reprenons notre voyage vers Nossy Komba.
 
L'île est paradisiaque. On nous avait promis des paysages de fous, ça y est, on y est. Bengalow sur la plage, sable fin, pagodes bercées par les vagues… 
L'île est un peu plus touristique que le reste du pays, et les habitants parlant français (sauf Tao, ce petit blond moitié vazaha qui ressemble à Mowgli, et qui à chaque fois qu'on lui pose une question, quelle qu'elle soit, répond "Tao" !)
Son oncle, amoureux transi de Claire, nous propose d'aller boire un cocktail avec du rhum. La suite de cette soirée, je ne peux pas la raconter car je ne m'en rappelle plus (mais c'est une blague, maman !) 
 
C'est à ce moment que nous avons nourri des makis sur nos épaules, pêché à la ligne (encore bravo Hortense pour ta carpe !) sur une pirogue au levé du soleil, pique niqué sur une île déserte, nagé avec des tortues de mer, et fait nos bombasses latinas devant l'objectif d'un photographe professionnel pour le site internet d'un hôtel local !!!
Le lendemain, on décide d'aller faire un tour dans ce bel hôtel qui surplombe l'île, et nous rencontrons un gentil couple belge qui connaissent ce coin comme leur poche et nous prennent sous leur aile. C'est papa et maman Malgache ! 
Nous visitons Nocybe avec eux puis les quittons pour de nouvelles aventures…
 
Nous retrouvons Nancy et Chiara après plusieurs heures de bateau et de route dans un resto assez huppé, parce qu'elles "avaient envie de manger dou zebou" (je vous avait dit qu'elles étaient italiennes !), gros fou rire, puis le soir nous dinons chez elle (c'était dou couscous) et partons dans la nouit, euh pardon la nuit, pour Diego Suarez, la ville la plus au Nord de Mada (ou presque). C'est une ville assez riche où les VVV (Vieux Vazahas Vicieux) trouvent facilement leur bonheur. C'est aussi la ville où on a fait du shopping comme si on venait de gagner au loto, mangé des glaces, des pâtisseries, des viennoiseries et des moufous à la banane comme des grosses, commandé des pizzas, et pris des touktouks.
 
Nous en avons profité pour passer deux jours à ???, avec au programme croisière sur la mer d'émeraude (avec un couple d'infirmiers de Mayotte, au total 5 IDE sur ce petit bateau !), massages plus ou moins réussis sur la plage, cours de conduite de taxis, écrabouillage de cafards… Un super moment.
 
En rentrant à Ambanja, nous retrouvons Guillemette, mangeons un petit coup de zébou et partons avec un Père pour Bemaneviky, à deux heures et demie de piste. C'est un petit village plein de vie, qui grouille d'enfants (comme partout à Mada, en fait) et la maison des Pères est plutôt sympa ! On mange bien, on dort bien, les pensionnaires du lycée nous tressent les cheveux (pas une franche réussite, mais fallait tester !), Hortense tombe sous le charme d'un joli bébé… Le dernier moment fort de ce voyage, c'est la visite de la cascade, après un long, douloureux et mouillé trajet en vélo et pirogue au milieu d'une nature à couper le souffle, digne des plus beaux documentaires… Nous sommes bien peu de chose… Baignades, Uno, coups de soleil sont de la partie. 
 
Comme vous pouvez vous imaginer, les au revoirs sont pénibles et longs, alors tout comme les retrouvailles, je tairai ce passage. Sachez juste que le taxi brousse du retour est tombé en panne plusieurs heures au milieu de nulle part, et qu'Hortense s'est roulé sur la route et qu'un enfant lui a plus ou moins fait pipi dessus. 
 
Des bons souvenirs, des amitiés renforcées, des chansons paillardes, des systèmes digestifs perturbés, des révélations profondes, des remises en questions importantes et une sacrée bande de thons, c'est ce que je retiendrai de ce fabuleux voyage. Mon dernier mot sera pour la plus courageuse des Vazahas, même si ce que j'avais d'important à lui dire, je lui ai murmuré à l'oreille sur le parcage d'Ambanja… Claire, ton engagement est une inspiration pour beaucoup, une vocation pour certains, et un modèle pour tous. Je t'ai beaucoup dit que les Malgaches avaient de la chance de t'avoir, mais c'est nous tous qui avons cette chance de te connaître, de te compter parmi nos amis. Alors, MERCI !

 

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20 juin 2013

Bashfr

J'aime bien mon chat ! Mais parfois il fait des trucs chelous. Remarque c'est cool, ça marche bien sur Youtube et sur Facebook, les gens aiment s'émulsionner (oui oui) pour des animaux mignons. Donc j'ai eu plusieurs dizaines de commentaires quand mon chat a décidé que dorénavant, il dormirait comme ceci :

IMG_1001

Pourquoi pas, me direz-vous. Si ça se trouve c'est confortable. Et pas poussiéreux. Et doux. 

Sinon, c'est un parisien, un bobo, qui ne boit que l'eau de source Robinet, mange des croquettes bio, se fait les ongles chez MonPovCanap, miaule en verlan ("oumiaa"), lèche les pots de yaourts Michel et Augustin. VDC !

 

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Oh my Fauve

Quand j'étais petite, mon papa me parlait avec fascination de cette oeuvre, "Fontaine", de Marcel Duchamp. Un simple urinoire renversé, objet d'art moderne largement controversé. Je ne comprenais pas, c'était juste nul. Il me disait que le génie consistait à appeller art cet objet obsène et vulgaire. De l'exposer tel quel. Maintenant je vois...

Fauve. Ils sont sauvages, ils sont crus, ils sont des poètes maudits de notre génération qui manient les mots avec virtuose et décortiquent le mal ambiant. Tout est beau dans Fauve. Juste. Sonné. Je me rappelle ce commentaire de Youtuber "c'est comme si on avait mis Damien Saëz sous anti-dépresseurs". Bien vu. 

Mais ce qui me plait avant tout, c'est que c'est obsène et vulgaire. Et pourtant, j'ai rarement entendu, lu de meilleurs bouquets de phrases, alliance parfaite de rythmes et de rimes, un si bel art. Du génie...

Ils se disent la tête dans le brouillard mais leurs mots sont clairs, choisis,

431790_10200094137702685_1260234290_narticulés. Ils disent traquer les épiphanies à l'aveugle mais leur don se démarque et leur talent ne fait aucun doute. 

Ecouter Fauve, c'est soudain voir la vie à travers un caléïdoscope, des explosions, mille couleurs et une infinité de possibilités, de chemins à tracer, en fonçant tête baissée.

 Allez, puisque vous insistez, voici quelques extraits de 4000 îles :

"Emmène moi revoir une dernière fois ces endroits qui faisaient taire le vacarme de mes idées noires (...) Emmène moi revoir juste pour un soir le vert fluo des rizières qui triomphèrent de ma colère et consolèrent mon désespoir (...) Emmène moi revoir une dernière fois ces choses qui faisaient sauter mes pensées périmées (...) Il faut vraiment qu'on reparte le plus vite possible parce que là ça devient carrément insupportable. Il faut qu'on se noie encore une fois dans les nuits fauves et les grands soirs qu'on récupère un peu d'espoir, emmène moi r'vivre juste pour un mois dans l'labyrinthe des 4000 îles près d'tous mes amis au grand coeur qui me rendaient cent fois meilleur..."

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13 juin 2013

Playmo !

Les mecs sont comme des Playmobils. C'est un fait, une constatation. On aurait pu les comparer avec les Ptits malins, mais les Ptits malins sont trop mignons, et doux en plus. Le playmo est propre sur lui, lisse, il inspire confiance. Voyez l'objet : un petit bonhomme qui paie pas de mine, qui a l'air de premier abord tout à fait innocent et sympatique. Detrompez-vous ! C'est pour mieux nous manger, mon enfant !

Soulevez donc sa chevelure parfaitement travailée là, oui là -CLIC- Voyez ? RIEN ! Ils n'ont pas de cerveau ! Depuis le temps qu'on se demandait pourquoi ils agissaient si étrangement... Plus de question, on a trouvé (ou pas, justement). Donc si vous comprenez pas les hommes, si vous avez l'impression qu'ils ne réflechissent pas plus qu'une feuille de laitue, qu'ils agissent impulsivement, ou mieux, qu'ils n'agissent pas du tout, ne vous étonnez plus. (On cherche un remède, mais c'est pas gagné).

Le playmo n'a pas d'entrejambe non-plus, bon ça, c'est une métaphore vous l'aurez compris (quoique). Bon, symbole de virilité, cette excroissance anatomique est également associée à l'idée de courage et d'audace. Il vous a largué par texto ? On aurait pu le prévoir.

images

 

Enfin, dernier détail, les mecs ne savent rien faire de leurs 2 mains. Les playmos non plus. Sauf quand on leur met délibérément quelquechose dedans, là parfois, ils comprennent. Parfois.


Bref, je n'ai pas de mec.

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19 mai 2013

Bonjour madame

L'autre jour, un patient m'a dit "bonjour madame". Putain de coup de vieux. Il est poli, me direz-vous, c'est bien. Je préfère ça au "wesh salut miss", indeed. Le problème (qui n'en est pas un fondamentalement parlant, j'avoue) c'est que j'ai 21 ans. Je ne SUIS PAS une madame ! Par contre, je suis une infirmière (admirez la transition, on passe au sujet principal de cet article, et tout en douceur !), et par conscéquent j'en vois et j'en entend des vertes et des pas mûres.

Petit florilège :

"Je voudrais mon Efferalgan Caféïné" (le médicament souhaité étant l'Efferalgan Codéïné)

"Si Dieu a inventé les aisselles, c'est pour y coller des électrodes" (entendu en pédiatrie)

Au niveau des objets transitionnels : j'ai eu un enfant sont le doudou crado comme tout s'apellait "Pourritos", une transmission d'enfant "tétino-dépendant"...

Un formulaire à remplir par le patient "Sexe : masculin, féminin, indéterminé"

"Vous prenez de la drogue ?" "Ah non ! Juste du shit" 

"Cette patiente est tellement jaune qu'on dirait un Simpson"

"Vous auriez des smarties pour la gorge ?" (comprendre : de la Lysopaïne)

"Je m'ennuyais alors j'ai décortiqué mon plâtre"

"A force de voir des hommes nus ça ne doit plus rien vous faire le porno !" Oo

...

 

 

 

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18 mai 2013

Ruzzle

ruzzle2

Ruzzle, c'est cette appli iphone qui consiste à jouer en ligne avec ses amis à trouver des mots parmi une grille de lettres et qui, selon mon papa "décroît la productivité au travail" tellement que c'est addictif. Le-dit papa aime défier sa fille. Sa fille lui met sa raclée partie après partie. Tout se passait donc très bien -pour moi- jusqu'au jour où je tombe sur une grille dilemne. Je ne trouve que des obsénités. Je sais que mon adversaire peut voir mes résultats. Alors laisser gagner mon paternel ou conjuguer "niquer" à tous les temps ? J'ai quand même choisi la victoire...

 

 

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Une fois...

 

Unknown

Une fois, j'ai essayé d'arrêter le Coca. J'aime bien le Coca, j'en bois beaucoup (trop). Alors avec un copain, on a fait un pari : il arrêtait la clope et j'arrétais ma drogue préférée. J'ai tenu 3 jours, pendant lesquels j'ai eu le temps d'ouvrir un blog intitulé "1 an sans Coca", propager l'info comme quoi je ne voulais plus jamais en boire, en informer mon épicier/fournisseur officiel, etc. Perte totale de crédibilité, donc, quand à peine 36 heures plus tard, je reprend intensément mon vice... Bref, l'idée d'écrire un blog est restée. Reste plus qu'à savoir quoi écrire...

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